L'abbaye Notre-Dame du Vivier

De la fondation à 1406

Origine de l’abbaye

Primitivement, il existait à Marche-les-Dames une église construite en parois de terre et en palissade.

Lorsqu'en 1095, Godefroid de Bouillon lança la première croisade, les femmes, dont les maris l'avaient accompagné, s'étaient retirées sous le conseil du comte de Namur, Albert III (1064-1102), à Marche-les-Dames. Ces femmes remplacèrent l'église primitive par une autre église, plus convenable.

« Ces femmes restèrent deux ans à Marche-les-Dames en priant Dieu pour la victoire de leur mari et de Godefroid. Lesquels, revenus victorieusement de la très Sainte Terre de Jérusalem donnèrent à la dite Église plusieurs dignités et joyaux, multiplièrent et augmentèrent la dite église et y mirent leurs filles en honorant la dite église dédiée et consacrée en l'honneur de l'Annonciation de la glorieuse Vierge Marie. »

A la fin de la croisade, en 1099, les femmes dont les maris furent tués, restèrent à Marche-les-Dames fondant ainsi la première communauté religieuse où sont venues s'ajouter les filles de chevaliers revenus de Jérusalem, comme l'atteste le texte ci-dessus.

L'église fut consacrée en 1103 par l'évêque marquant ainsi la fondation du monastère.

« L'an de la sainte Incarnation de notre Seigneur Jésus Christ MC III (1103), du mois de janvier le 17e jour qui est le jour de la fête de Saint Antoine, fut en l'honneur de la Sainte Annonciation de la très sacrée et bienheureuse mère de Dieu, notre bon créateur et sauveur Jésus Christ, dédiée, bénite et consacrée notre église de Marche-les-Dames sur Meuse, par le révérend père en Dieu l'Évêque des ordres et suffragant de l'Évêché de Tongres. »

La légende veut que lors du creusement des fondations du couvent, on découvrit, dans une pièce d'eau, une statue de Marie portant le Christ. C'est cette divine découverte qui donna le nom à l'abbaye : Notre-Dame du Vivier.

Aucune trace n'existe de la charte de fondation de l'abbaye, il est donc impossible aux historiens de déterminer à quel ordre religieux appartenait la première communauté.

Une tradition veut que Saint Bernard se soit rendu à l'abbaye en 1146 tout en prêchant la seconde croisade. C'est peut-être suite à cette visite que la règle cistercienne fut introduite.

 

Du 13e siècle au 14e siècle

La première abbesse, dont nous avons le nom, s'appelait Soeur Ivette en 1236.
En 1247, sur une charte, on rencontre le nom d'une abbesse désignée par une lettre : "S".
Ensuite, nous pouvons établir cette chronologie très imprécise, faute de documents :

  • 1273 : Abbesse Marie
  • 1291 : Abbesse de Helwy
  • 1330 : Abbesse Clarisse de Bawegny
  • 1340 : Marie Delle Malaise
  • 1392 : Ponche de Modave
  • 1402 : Marguerite de Boen

En 1152, Henri l'Aveugle, comte de Namur, donne à l'abbaye de Floreffe un franc-alleu situé à Marche-les-Dames sur Meuse. Un hospice y fut créé au 13e siècle.
Cet acte se traduit dans la toponymie locale par la désignation d'un bois : le bois de Floreffe.

 

La réforme cistercienne et les temps difficiles (15e siècle)

Introduction

Au 15e siècle s'opèrent des réformes dans l'ordre des cîteaux. L'abbesse de la première réforme fut Marie de Bervy dont l'innocence de sa vie d'enfant, sa vocation religieuse et les circonstances de son arrivée à l'abbaye sont décrites dans le texte suivant.

"Dame Marie de Bervier, qui fut la première abbesse de Marche (après le réforme), mit son coeur et son âme au service de Dieu dès l'âge de 5 ans. (...)  Quand elle eut environ 12 ans, sa mère lui fit une belle jupe dont elle décousut et enleva la fourrure pour la donner à un pauvre. 

Il advient qu'un jour, le jour de la saint Bernard, qu'elle se rendit à Val-Benoît (couvent cistercien près de Liège) avec des béguines de Saint Christophe. Ce même jour, sa mère fit son arrivée à Liège pour visiter ce monastère avec plusieurs femmes de Vie.  Et là, elle trouva sa fille à genoux devant une image de la Vierge.  Et sa mère lui  dit :  "Viens au jardin avec nous" - Marie répondit : "Je n'irai pas si les béguines (avec qui elle est partie) n'y viennent pas". - Sa mère lui dit alors : "Ne penses-tu pas que tu devrais devenir religieuse ?" - Marie répondit : "S'il plaît à Dieu et à saint Bernard, je serai religieuse."

Ce même jour, son père était allé à Robermont (monastère cistercien près de Liège également) pour célébrer la saint Bernard, avec plusieurs bourgeois.  Et là, alors qu'ils se promenaient dans le jardin, des nonnes aînées vinrent à lui et lui dirent : "Jehan, nous avons entendu que vous avez une fille fort bien élevée qui souhaite devenir religieuse.  Nous vous prions de bien vouloir la mettre avec nous."  - Le père répondit: "Je suis d'accord, mais j'attends l'avis de ma femme".

Après les vêpres, quand la famille fut rentrée à la maison, le père raconta à son épouse ce que les nonnes lui avaient dit.  Ce dont il s'émerveilla et considéra comme un miracle du Saint-Esprit.  Ainsi, il se consentit l'avis favorable de sa femme. (...)  Dans ce temps là, aucune soeur de Robermont n'avait la connaissance de la simonie et usait du droit de propriété."

Extrait de Abbaye de Marche-les-Dames, n°375, Archives de l'état à Namur.  (Cité par le chanoine Toussaint)

Marie de Bervier mourut le 16 septembre 1447.

 

Remarque : A quoi pouvait bien servir un vivier ? Nous vous laissons deviner la réponse en lisant ces quelques lignes extraites d'une lettre de Marie de Bervier au seigneur de Walhain.

"En Notre Seigneur Jésus-Christ (...),
Très honoré et redouté seigneur, nous portons à votre connaissance que nous escomptons envers votre grâce et aimable charité, comme autrefois nous l'avions fait en vous suppliant pour l'amour de Dieu et l'honneur de la très sainte et douloureuse Passion, qu'il vous plaise à regarder avec pitié vos très petites filles et servantes de Jésus-Christ, en nous faisant aumône d'une tonne de harengs pour que notre couvent puisse passer le carême."

Comme vous l'aurez compris, un vivier était destiné à recevoir des poissons vivants en provenance de la mer. Les poissons étaient transportés dans des bassines et restaient donc en vie. Ils étaient ensuite placés dans un étang, le vivier, où selon les besoins, les poissons étaient capturés avant de servir aux mets.


A Marie de Bervier, succéda Marie II de Tournai dont le gouvernement commença deux ans avant la mort de la première citée, soit en 1445. Celui-ci sera marqué par d'importants privilèges accordés par Philippe-le-Bon le 12 septembre 1460, afin d'aider le couvent à sortir de sa situation précaire.

Ces privilèges sont les exemptions des tributs, tonlieu, péages et gabelles.

Marie II de Tournai décéda en 1460 et fut remplacée par Marie III de Hersta (1460-1486).
Marie III organisa la distribution des eaux dans les différentes parties de l'abbaye.

En août 1480, l'archiduc Maximilien d'Autriche et la duchesse Marie de Bourgogne prennent sous leur protection biens et personnes de l'abbaye.
Voici un extrait de la lettre attestant de ce protectorat.

"Maximilien et Marie par la grâce de Dieu, ducs d'Autriche, de Bourgogne, etc... . A tous ceux qui verront cette présente lettre, salut. Nous faisons savoir que suite à l'humble supplication de nos biens aimées en Dieu, les religieuses de l'église Notre-Dame du Vivier de Marche-sur-Meuse, étant d'anciennes protectrices de nos aïeuls(...), que Nous les prenons par cette présente et les mettons en notre protection et sauvegarde spéciale avec tous leurs autres biens.
Fait en notre ville de Namur, le 14 août 1480."

L'abbaye fait également appel à la générosité de la femme de Charles-le-Téméraire, Marie d'York (soeur du Roi d'Angleterre).

"Le 6 novembre 1503, date de la mort de la très illustre et très dévote Dame Marguerite, duchesse de Bourgogne, soeur du Roi continuellement l'amie, la réparatrice et la réformatrice des ordres religieux et nous vint spécialement et charitablement en aide dans nos nécessités, en nous fournissant plusieurs fois du blé et des secours considérables en argent. Nous sommes tenues de prier pour son âme, tant dans le présent que dans l'avenir."

En 1486, Marie II de Hustin (1486-1504) succède à Marie III. Cette époque est particulièrement troublée et l'abbaye n'échappe pas à certaines formes de misère, surtout que la guerre fait rage entre les ducs de Bourgogne et les Liégeois.

Les gouvernements suivants ne sont pas marqués de faits importants. Il s'agit de :

  • Catherine de Hodeige (1504-1531)
  • Jacqueline de Houtain (1531-1565)
  • Marie V de Dave (1565-1579)

 

Jeanne Baduel (1579-1602)

Jeanne Baduel est d'origine noble. Aussi, son père, Michel Baduel fut un bienfaiteur de l'abbaye en léguant 262 florins (somme considérable pour l'époque).
En 1581, elle obtient une faveur de Philippe II, lui autorisant à ne plus payer une rente annuelle de 28 ou 29 muids pour la ferme de Tillier, à nouveau saccagée et détruite par les guerres. Ainsi, après Philippe-le-Bon, Philippe II d'Espagne contribua à la survie de l'abbaye. Il est vrai aussi que les abbesses surent profiter habilement de la piété des princes.
A cette époque, l'abbaye possédait deux fermes à Tilliers, une à Wartet (la ferme des Dames) et une à Namêche.

 

Un ruisseau d’argent

«Une nouvelle vie à ce ruisseau d'argent » : le 17e siècle

A Jeanne Baduel succèda Clémence de Castro (1602-1635), issue d'une famille noble espagnole. Tout comme les Archiducs, les Soeurs possédaient un moulin avec le droit de servir le ban.

En 1606, Albert et Isabelle d'Espagne décidèrent de construire une forge à battre le fer en lieu et place de leur moulin. L'abbesse réussit à obtenir le droit du ban pour son moulin en contrepartie de 25 Florins et de 4 muids de mouture annuelle (2 muids à l'hôpital de Marche-les-Dames et 2 muids au curé de Boninne).

Le 17e siècle sera prospère pour la vallée, forges et moulins tournent à plein rendement. Aussi, on peut lire sur une vasque (située en face du presbytère de Marche-les-Dames), l'inscription suivante :
« Clémence, mère et dame de ce noble couvent, a rendu nouvelle vie à ce ruisseau d'argent. »

En 1635, Anne de Jambline fut à la tête de la communauté, et ce, jusqu'en 1658. Elle est issue d'une famille noble.
Ensuite, Christine de Hinnisdael (1658-1682) prit la relève. Elle est originaire d'une famille noble liégeoise.

Avec Catherine Woot de Triexhe (1682-1706), il nous faut évoquer que la présence de Louis XIV, en 1692, assiégeant Namur, porta des souffrances à l'abbaye.
De plus, le coût élevé des vivres rendait la vie difficile dans nos régions. Comme les précédentes abbesses, elle fit appel à la bonté princière.
Ainsi, Charles II, roi d'Espagne, fut mis à contribution, et comme toujours, il céda aux appels de détresse de l'abbaye. Cette fois, l'abbesse sollicitait l'abattage d'arbres afin de les vendre et donc d'alléger la rude vie que le couvent menait à l'époque.

Voici un extrait écrit par Snellinck, conseiller du roi Charles II, qui dresse la situation de l'abbaye sous Catherine Woot de Triexhe

"Charles, par la grâce de Dieu, roi de Castille, de Léon, etc.., archiduc d'Autriche, duc de Bourgogne, etc..., à tous ceux qui liront cette lettre, salut.

Nous avons reçu l'humble supplication et requête de l'abbesse de Marche-les-Dames du comté de Namur, étant donné que le monastère se trouve réduit à une très grande nécessité par les rigueurs de cette dernière guerre, pendant laquelle elles auraient souffert de maux incroyables, non seulement par deux sièges consécutifs de la ville et du château de Namur, par les campements, logements, cantonnements, ravages et pillages réitérés des armées dans la plupart de leur bétail et effets, après des sommes immenses payées pour les frais des sauvegardes, mais encore par la surcharge des contributions et rations qu'elles auraient été contraintes de payer à la France pour conserver les bâtiments du monastère et ceux des fermes, ...

Par le Roi en son conseil,
SNELLINCK

Catherine de Triexhe mourut de façon douloureuse en 1706  percluse des pieds et des mains.

 

Les derniers travaux (1706-1769)

Marguerite de Bulley succéda à la malheureuse Catherine et dirigea l'abbaye de 1706 à 1722. Elle contribua à l'embellissement du monastère et à la décoration de l'église. Nous lui devons de magnifiques ornements, deux chandeliers en argent et un calice. Elle orchestra d'importantes restaurations aux bâtiments.

A sa mort, sa soeur, Constance de Bulley (1722-1743) lui succéda. Aucun fait majeur n'est à signaler pendant cette période.

C'est Louise de Fumal (1743-1769) qui continua la restauration de l'abbaye, comme l'atteste l'épitaphe de sa pierre tombale que nous retranscrivons ici.

"Ici gît la très noble révérende Dame Louise de Fumal, abbesse de ce monastère l'espace de 25 ans, laquelle a gouverné avec grande vigilance tant pour le spirituel que pour le temporel et a restauré l'église et une partie du couvent, a rendu son âme à Dieu le 25 février 1769, âgée de 75 ans, professe de 58 et jubilaire de 8.
Prie Dieu pour son âme."

Elle aussi contribua à l'embellissement de l'abbaye, notamment par la construction des stalles du choeur réalisées par le maître menuisier Beauduin Georges DEVANT et par le maître sculpteur François Van den Bose. Ces travaux nous sont connus par deux conventions, signées avec le premier cité le 13 août 1750 et le second en 1751. L'ensemble de ces travaux représente la coquette somme de 1080 Florins.

 

La dernière abbesse Marie-Josèphe de Baron (1769-1809)

Le visiteur peut admirer ses armes, près de la porte d'entrée de l'actuel couvent où nous pouvons y lire la date de 1774.
Un bassin porte l'inscription suivante :
"Bassin fabriqué durant le règne de Dame Joseph de Boron, abbesse, l'an 1772."

Grâce à un document de 1787, nous pouvons avoir une idée des comptes de l'abbaye, qui perçoit encore le cens de ses deux seigneuries, l'une à Tillier et l'autre à Namèche, mieux connues sous le nom de la seigneurie de Gesves.

La déclaration se termine par une récapitulation de ces comptes.
"Total des revenus nets .................. 12563 florins 6 sous et 23 deniers.
Total des charges....................... 12232 florins 12 sous et 18 deniers.
Balance faite se trouve en boni de ..... 330 florins 14 sous et 5 deniers."

Les religieuses durent s'exiler à Essen (Allemagne) à l'approche des armées révolutionnaires françaises où elles fondèrent pour ainsi dire un nouveau monastère.

C'est d'après un décret de la Convention qu'elles furent autorisées à regagner Marche-les-Dames.

Cependant, l'abbaye fut vendue, ainsi que ses fermes de Tillier et de Wartet (ferme des Dames). Ces biens furent, par la suite, propriété du séminaire de Namur. La Révolution française fut fatale à la vie religieuse de Marche-les-Dames.

La dernière soeur cistercienne décéda tragiquement le 29 juillet 1856, il s'agit de soeur Scholastique Baudhuin qui se noya en puisant de l'eau. Est-ce un signe divin si l'histoire cistercienne de l'abbaye commence et se termine dans l'eau ? Nous ne saurions répondre.

 

On a retrouvé Notre-Dame du Vivier !

Ses héritiers vendirent des objets d'art de l'abbaye à la Société Archéologique de Namur. Ses collections sont conservées dans l'Hôtel de Croix et au Musée des Arts Anciens Namurois.

Par la suite, les Soeurs de Saint Vincent de Paul occupèrent l'abbaye, puis, une congrégation allemande, les Ursulines vinrent s'y établir en fondant un pensionnat qui acquit rapidement une haute renommée.

Le 17 octobre 1880, on fêta en grande pompe la translation de Notre-Dame du Vivier. Depuis, cet événement est célébré chaque année par la paroisse.

"Lorsqu'au XIIème siècle, les Dames des chevaliers partis pour la croisade se trouvèrent réunies en grand nombre dans la Vallée de Marche-sur-Meuse et qu'elles virent accourir autour d'elles une foule de personnes pieuses désireuses de partager leur vie de recluses sous la règle de Saint-Bernard, à l'asile provisoire dont elles s'étaient contentées jusque-là, il fallut substituer une demeure plus spacieuse et plus durable.  En creusant les fondations du nouveau monastère, on découvrit dans une pièce d'eau, à l'endroit même où s'élève le couvent actuel, une statue en bois de la sainte Vierge Marie portant dans ses bras l'enfant Jésus.  Cette statue de mystérieuse origine fut pieusement recueillie, placée dans le nouveau sanctuaire et vénérée sous le nom de Notre-Dame du Vivier.  Pendant six siècles la dévotion à la Madone ne cessa de croître et s'étendant de jour en jour, et fut pour les religieuses comme pour la population une source de bénédictions abondantes.

La grande révolution fut mortelle pour le couvent de Marche-les-Dames, comme pour tant d'autres pieux asiles.  Dès lors, il n'y eut plus de novices pour combler les vides que la mort faisait parmi les religieuses, et un jour vint où la dernière survivante allant rejoindre ses aînées, le cloître resta désert, et l'église même ferma ses portes.  Pour les garantir des outrages du temps et de la cupidité, on transféra à Namur les ornements de l'église et les objets les plus précieux qui avaient servi au culte.  Notre- Dame du Vivier fut emportée avec beaucoup d'autres pieuses reliques, et Dieu sait ce que fût devenue la Madone vénérée, sans un ancien serviteur de la maison, homme de grande vertu, qui avait voué un culte tout particulier à la Vierge de l'église de Marche.  Cet homme n'eut pas de peine à reconnaître l'antique statue parmi les autres objets provenant de la maison abandonnée.  Il fit le nécessaire pour l'obtenir et la garda dans sa demeure, en attendant que vint le jour où elle pourrait être rendue à sa première destination, reprendre dans le sanctuaire de Marche la place qu'elle y avait occupée pendant de longs siècles et y continuer le cours, un instant interrompu, des bienfaits qui avaient rendu sa dévotion si populaire.

Ce jour béni pour la paroisse de Marche, fut fêté avec un éclat inaccoutumé, avec pompe et une majesté dont on a peu d'exemples au village.  La statue de la sainte Vierge avait été déposée en la chapelle Saint-Jean, près du château de S.A.S. le prince d'Arenberg.  C'est de là qu'elle allait être transférée à l'église paroissiale.  Sur ce parcours de vingt minutes au moins, les chemins étaient sablés et jonchés de fleurs.  Ils étaient bordés de guirlandes de verdure descendant en festons de hautes colonnes, au faîte desquelles flottaient les couleurs de la sainte Vierge. 

De distance en distance se dressaient de gracieux arcs de triomphe décorés avec un goût exquis et ornés de pieuses devises ou de courtes invocations.

Mais c'était à l'église et à la chapelle Saint-Jean surtout que s'était déployé avec le plus de magnificence le zèle ingénieux des serviteurs de Marie.  Ce n'était partout que fleurs, draperie, oriflammes.  L'affluence des fidèles, considérable à tous les offices, fut énorme aux vêpres à l'issue desquels eut lieu la procession.  On y voyait non seulement toute la paroisse, mais tout le voisinage.  Des groupes de pèlerins accouraient de partout.  Les premiers arrivés seuls purent trouver place à l'église.  Le reste attendit au dehors pour se joindre au cortège.  Celui-ci se déploya enfin dans la vallée, sous les tièdes rayons d'un beau soleil, qui rehaussaient encore l'éclat du dais et des riches bannières.  Après la croix venaient les enfants, les élèves du pensionnat avec leurs maîtresses, des groupes de jeunes filles vêtues de blanc et portant le dais de Notre-Dame du Vivier, un nombreux clergé, puis une multitude de fidèles comptant quatre à cinq milles personnes, et en tête de laquelle on remarquait S.A.S. Mgr le prince d'Arenberg et sa noble famille.

C'était un spectacle émouvant que celui de ce défilé qui ne finissait pas et d'où s'élevait pour être répété par les échos des montagnes le chant des cantiques, des hymnes et des litanies. Quand on fut arrivé à la chapelle, où ne put pénétrer qu'une faible partie du cortège, les élèves du pensionnat, au nombre de 80, exécutèrent avec une rare perfection un hymne en l'honneur de Notre-Dame du Vivier; puis la statue fut installée sous son dais et l'on reprit dans le même ordre le chemin de l'église.  Là, la Madone fut solennellement réintégrée sur le même autel, où pendant six à sept siècles elle avait reçu les hommage des fidèles. (...)

Le soir arrivait quand finit la cérémonie.  L'église était brillamment illuminée, et la Vierge bénie, le front ceint d'une riche couronne d'or, due à la magnificence de Madame la princesse d'Aremberg, semblait, à la clarté des bougies, jeter sur l'immense concours des fidèles un regard de maternelle gratitude.

Marche-les-Dames, le 17 octobre 1880."


Des carmélites à nos jours

  

En 1914, les Ursulines durent quitter le pays pour se réfugier dans les pays voisins.

En 1920, des Carmélites vinrent s'établir dans l'abbaye. Elles continuèrent la vocation scolaire des Ursulines. En 1924, une école professionnelle vit le jour.

En 1965, le couvent cessa ses activités d'enseignement et devint un centre d'accueil pour les dames convalescentes. Il sert aussi d'endroit calme pour les étudiants, séminaristes et communiants en récollection.

Le 13 mai 1969, un arrêté royal classa le bâtiment et le site environnant. Trois ans plus tard, l' I.A.T.A. transforma une partie des bâtiments pour en faire un internat et ce jusqu'en juillet 1980.

La vie religieuse continua néanmoins avec l'établissement en 1981 d'une communauté de Petites Soeurs de Bethléem.

Cette photo nous montre l'une de leur activité : la porcelaine.

Début 2000, pour des raisons que nous ignorons encore, cette Communauté fut remplacée par Madonna House, un mouvement d'apostolat laïc composé de laïcs, hommes et femmes et de prêtres. Son centre de formation se trouve à Combermere dans l'Ontario au Canada. Chaque fondation a un mandat de l'évêque du diocèse local. L'abbaye s'oriente vers un centre d'écoute et une maison d'accueil.
Le monastère intérieur ne fait plus l’objet de visite par interdiction de l’ordre religieux en place.

 

Actuellement, le site est inoccupé depuis 2006.

 

Sources : www.marche-les-dames.be et brochure - L’histoire de la vallée de Marche-les-Dames, de la préhistoire à nos jours, Laurent Aidans, avril 1997, Les Amis de Marche-les-Dames et Wartet.

Haut de page
© 2012 Alice Fohal / 2012 / Tous droits réservés.

Additional uncaught exception thrown while handling exception.

Original

PDOException: SQLSTATE[42000]: Syntax error or access violation: 1142 UPDATE command denied to user 'marcheledb1'@'10.20.20.2' for table 'node_counter': UPDATE {node_counter} SET daycount=daycount + 1, totalcount=totalcount + 1, timestamp=:db_update_placeholder_0 WHERE ( (nid = :db_condition_placeholder_0) ); Array ( [:db_update_placeholder_0] => 1560950547 [:db_condition_placeholder_0] => 19 ) in statistics_exit() (line 73 of /home/marchele/www/modules/statistics/statistics.module).

Additional

PDOException: SQLSTATE[42000]: Syntax error or access violation: 1142 INSERT command denied to user 'marcheledb1'@'10.20.20.2' for table 'watchdog': INSERT INTO {watchdog} (uid, type, message, variables, severity, link, location, referer, hostname, timestamp) VALUES (:db_insert_placeholder_0, :db_insert_placeholder_1, :db_insert_placeholder_2, :db_insert_placeholder_3, :db_insert_placeholder_4, :db_insert_placeholder_5, :db_insert_placeholder_6, :db_insert_placeholder_7, :db_insert_placeholder_8, :db_insert_placeholder_9); Array ( [:db_insert_placeholder_0] => 0 [:db_insert_placeholder_1] => php [:db_insert_placeholder_2] => %type: !message in %function (line %line of %file). [:db_insert_placeholder_3] => a:6:{s:5:"%type";s:12:"PDOException";s:8:"!message";s:428:"SQLSTATE[42000]: Syntax error or access violation: 1142 UPDATE command denied to user 'marcheledb1'@'10.20.20.2' for table 'node_counter': UPDATE {node_counter} SET daycount=daycount + 1, totalcount=totalcount + 1, timestamp=:db_update_placeholder_0 WHERE ( (nid = :db_condition_placeholder_0) ); Array ( [:db_update_placeholder_0] => 1560950547 [:db_condition_placeholder_0] => 19 ) ";s:9:"%function";s:17:"statistics_exit()";s:5:"%file";s:55:"/home/marchele/www/modules/statistics/statistics.module";s:5:"%line";i:73;s:14:"severity_level";i:3;} [:db_insert_placeholder_4] => 3 [:db_insert_placeholder_5] => [:db_insert_placeholder_6] => http://www.marchelesdames-wartet.be/content/labbaye-notre-dame-du-vivier [:db_insert_placeholder_7] => [:db_insert_placeholder_8] => 3.90.207.89 [:db_insert_placeholder_9] => 1560950547 ) in dblog_watchdog() (line 160 of /home/marchele/www/modules/dblog/dblog.module).